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14 octobre 2011

Lévy-Dhurmer




Le Silence
1895, pastel, 54 cm x 29 cm, Musée d'Orsay, Paris



Lucien Lévy-Dhurmer (1865-1953)

Lévy-Dhurmer conserva Le Silence auprès de lui toute sa vie. La figure suit l'iconographie  traditionnelle du silence, mais elle est plus précisément inspirée par le médaillon sculpté par Auguste Préault sur la tombe de Jacob Robles au Père-Lachaise. Le Silence fut remarqué à l'époque, et influença nettement les symbolistes, dont Fernand Khnopff et Odilon Redon.
 

22 juin 2010

Fukusa



Fukusa
XIXème s., soie, Japon, ancienne collection Bing



Fukusa (袱紗)

Carré de soie utilisé dans la cérémonie japonaise du thé pour tenir la bouilloire et son couvercle. Parfois employé par les invités pour protéger les ustensiles de la cérémonie du thé lorsqu'ils les examinent (il s'agit alors d'un petit modèle, "kobukusa "c'est-à-dire "petit fukusa", plus épais, plus coloré et à motifs).
Les fukusa sont aussi utilisés pour recouvrir un cadeau, présenté dans un plateau; le plateau et le fukusa étaient ensuite retournés au donateur.

18 juin 2010

Vénus anadyomène: Amaury-Duval



  
La naissance de Vénus
1862, huile sur toile, 108,9 cm x 196,8 cm, Musée des Beaux-Arts, Lille



Amaury-Duval (1808 - 1885)

Eugène-Emmanuel-Amaury Pineu-Duval, dit Amaury-Duval, fils du diplomate et historien Amaury Duval.
L'un des premiers élèves d'Ingres, il sera aussi l'un des plus proches et l'un des plus célèbres. Comme quelques autres de ces élèves, séduits par les Primitifs, son inspiration est archaïsante et préraphaélite, mais l'influence d'Ingres reste très présente.
Sa production sera rare, et en grande partie constituée de portraits. Il réalisera aussi plusieurs commandes d'état, destinées à des chapelles ou à des églises.

Il sera nommément critiqué par Baudelaire, avec l'école d'Ingres:

En général, MM. FLANDRIN, AMAURY-DUVAL et LEHMANN, ont cette excellente qualité, que leur modelé est vrai et fin. Le morceau y est bien conçu, exécuté facilement et tout d’une haleine; mais leurs portraits sont souvent entachés d’une afféterie prétentieuse et maladroite. Leur goût immodéré pour la distinction leur joue à chaque instant de mauvais tours. On sait avec quelle admirable bonhomie ils recherchent les tons distingués, c’est-à-dire des tons qui, s’ils étaient intenses, hurleraient comme le diable et l’eau bénite, comme le marbre et le vinaigre; mais comme ils sont excessivement pâlis et pris à une dose homéopathique, l’effet en est plutôt surprenant que douloureux : c’est là le grand triomphe!
Charles Baudelaire, Le Salon de 1846.

Quelques autres œuvres d'Amaury-Duval.

12 juin 2010

Loïe Fuller

 


Danse serpentine
1896, vue Lumière n°765, Auguste et Louis Lumière



Loïe Fuller (1862 - 1928 )
Danseuse américaine célèbre pour avoir inventé un numéro dans lequel elle faisait tournoyer des voiles: d'abord actrice, elle interprète dans une pièce une femme sous hypnose qui agite les bras, vêtue d'une longue chemise blanche. Devant la réaction enthousiaste du public, elle met au point une chorégraphie du même type, la Danse serpentine, en 1892. 

Elle s'installe à Paris, danse aux Folies Bergère où ses numéros font grande utilisation de l'électricité et de jeux de miroirs: elle tournoie sur un carré de verre éclairé par-dessous, sous la lumière de dizaines de projecteurs latéraux, pour remplir la scène d'immenses formes lumineuses en mouvement. Pionnière de la danse moderne, de l’art technologique et de la transdisciplinarité, on la surnomme "la Fée Lumière".

Elle aura un grand succès, adorée par les symbolistes, mais sera énormément imitée (seules ses imitatrices ont été filmées), puis elle sera éclipsée par Isadora Duncan et tombera dans l'oubli.

Plus sur Loïe Fuller.

3 août 2009

Le serpent qui danse


Que j'aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau!

Sur ta chevelure profonde
Aux acres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s'éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.

Tes yeux où rien ne se révèle
De doux ni d'amer,
Sont deux bijoux froids où se mêlent
L’or avec le fer.

A te voir marcher en cadence,
Belle d'abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d'un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d'enfant
Se balance avec la mollesse
D’un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s'allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l'eau.

Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l'eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de Bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D’étoiles mon cœur!


Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal (1857)




16 juillet 2009

Hokusai



Carpe remontant une cascade
Hokusai, Katsushika(葛飾北斎) (1760–1849)


Hokusai, "l'affolé de son art".

7 juillet 2009

Louis Welden Hawkins


The Priestess
dessin-aquarelle, crayon, 94 x 62,2 cm, coll. part.





Procession des âmes ou Noël, toile mystique
1893, huile sur toile, 67,4 x 44 cm, coll. part.








Les Auréoles
1894, huile sur toile, 61 x 50 cm, coll. part.



Louis Welden Hawkins (Esslingen, 1849 - Paris, 1910). 
Expose au Salon de 1881 à 1891. Il fréquente le groupe symboliste de la Rose+Croix, Mallarmé dont il devient proche (et qui lui dédie ce vers: Talisman de longues heures que nul regard ne peut épuiser), le monde socialiste et syndicaliste.
Il finit en Bretagne, dans la gêne, à peindre des paysages.

24 septembre 2008

El Desdichado


Je suis le ténébreux, - le veuf, - l’inconsolé,
Le prince d’Aquitaine à la tour abolie :
Ma seule étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du tombeau, toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie
La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé
Et la treille où le pampre à la rose s’allie.

Suis- je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;
J’ai rêvé dans la grotte où nage la sirène...

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.


Gérard de Nerval, Les Chimères (1854)



"Ils ne sont guère plus obscurs que la métaphysique d’Hégel ou les Mémorables de Swedemborg, et perdraient de leur charme à être expliqués, si la chose était possible, concédez-moi du moins le mérite de l’expression ; — la dernière folie qui me restera probablement, ce sera de me croire poëte : c’est à la critique de m’en guérir. "